À mi-chemin entre peluche mignonne et créature sortie d’un rêve étrange, les Labubu fascinent et intriguent. Mais ce phénomène viral survivra-t-il au froid de la mode ?
Labubu, c’est quoi ça ?
Si vous n’avez jamais croisé un Labubu, imaginez un lapin mutant, aux yeux démesurés, globuleux et au sourire à la fois inquiétant et irrésistible. Ces petites peluches sont les créatures stars de l’univers POP MART, marque chinoise spécialisée dans les figurines et jouets de collection, fondée par Wang Ning. À mi-chemin entre la mignonnerie kawaii et l’art toy underground, elles bousculent les codes visuels habituels des peluches « parfaites » que l’on offrirait à un bébé. Leur communauté de fans, qui se surnomme les « Monstres » (ça ne s’invente pas), les traite comme des trophées de chasse. Les plus recherchées se vendent à prix d’or et peuvent atteindre plusieurs centaines d’euros sur le marché secondaire.Pourquoi un tel engouement ?
Première raison : le concept du blind box. Impossible de choisir son modèle : on achète, on déballe et… on prie. L’acheteur joue à la loterie avec l’espoir de tomber sur une version rare. Résultat ? L’adrénaline monte, et avec elle, les prix. Deuxième raison : la pénurie organisée. Les séries sont limitées, la production calibrée pour maintenir la rareté, et donc la demande. Sur la plateforme de live shopping Whatnot, c’est devenu un véritable sport : les collectionneurs déballent leurs box en direct devant des communautés chauffées à blanc, espérant dénicher la perle rare. Depuis mars 2025, les ventes ont bondi de plus de 300 % chaque mois, et le nombre de vendeurs double régulièrement. Troisième raison : l’effet réseau social. Sur Reddit, le subreddit r/labubu, lancé en septembre 2024, compte déjà plus de 79 000 membres. Les posts de « haul » (présentation des acquisitions) et les échanges d’astuces y sont quotidiens. La communauté vit au rythme des drops, scrutant chaque nouvelle série comme s’il s’agissait du prochain iPhone.Quand le phénomène a-t-il explosé ?

Comprendre cette folie

Les Labubu survivront-ils à l’hiver ?
La question reste ouverte. D’un côté, leur rareté organisée et leur univers visuel unique leur donnent une aura de phénomène durable. De l’autre, la vitesse des tendances virales sur internet laisse planer le doute : ce qui est « must-have » en octobre peut être « has-been » en février. Si les créateurs réussissent à renouveler les séries, à entretenir le mystère, et à maintenir la connexion avec leur communauté, ils peuvent prolonger l’aventure bien au-delà de la saison froide. Sinon, les Labubu risquent de rejoindre le musée des phénomènes éphémères, aux côtés des fidget spinners et des bracelets Rainbow Loom. Les Labubu sont bien plus qu’une mode : ce sont le reflet d’une époque où l’on célèbre l’imperfection, où l’achat devient un jeu, et où l’on appartient à des communautés mondiales réunies autour d’un objet improbable. Vraiment improbable, effectivement. Passeront-ils l’hiver ? Si leur sourire un peu tordu en dit long, c’est qu’ils ont déjà compris le secret : pour durer, il faut rester imprévisible e t se réinventer sans changer son âme. Les chiffres fous du phénomène Labubu- 418 millions USD : revenus générés par Labubu en 2024, soit 21,7 % du CA total de Pop Mart.
- 1,8 milliard USD : chiffre d’affaires global de Pop Mart en 2024.
- +300 % : croissance mensuelle moyenne des ventes de Labubu depuis mars 2025.
- 21,1 milliards USD : fortune estimée de Wang Ning, fondateur et PDG de Pop Mart, en juillet 2025.
- 1,6 milliard USD : gain en une seule journée boursière pour Wang Ning grâce à la frénésie Labubu.

