
À la croisée des jours, entre vacances et rentrée, s’installe une période flottante où style, beauté et esprit cherchent leur juste équilibre.
Soyons honnêtes : la fin août et le tout début septembre, c’est un peu comme ce moment gênant où la playlist de soirée passe brutalement d’un son afrobeat à une balade nostalgique de Céline Dion. On ne sait plus trop si l’on doit continuer à danser, s’asseoir ou aller chercher un verre. Côté météo, le soleil joue à cache-cache avec les nuages. Côté agenda, nos mails hurlent “urgence” tandis que notre esprit flotte encore sur une plage d’Essaouira, de Grand Lahou ou de Kribi. Ce fameux “in between”, cet entre-deux saisons, c’est une zone tampon qui a tout d’un oxymore : accélération du rythme extérieur, ralentissement intérieur. Et nous, femmes modernes, devons improviser. Trouver notre propre tempo, notre propre style.Beauté : minimalisme, mais avec un certain twist

- Un teint hydraté, lumineux, mais jamais plâtré. (On veut qu’on voie la peau, pas le fond de teint).
- Un baume teinté ou un rouge discret, histoire de dire “oui, je suis sérieuse”, mais sans crier “je sors du board meeting de Wall Street”.
- Une touche de mascara, l’arme fatale qui sauve tout, même un lundi matin gris.
Ni robe de plage, ni veste cintrée

- La robe fluide de l’été ? On la sauve en ajoutant une veste légère ou un blazer clair.
- Les sandales ? Encore possibles, mais accompagnées d’un foulard ou d’un trench fin.
- Les jeans et pantalons larges ? Parfaits pour jouer la carte du confort chic. Ajoutez un top monochrome, et le tour est joué.
Esprit : résister à la précipitation

- Respirer avant d’agir. Une petite respiration consciente avant d’ouvrir sa boîte mail. (Oui, même quand la notif rouge clignote comme une alarme incendie).
- Alléger ses listes. Inutile de cocher quinze tâches dès le premier lundi. On vise trois priorités par jour. Trois, pas trente.
- Garder des bulles d’été. Un café en terrasse, une soirée légère, un déjeuner dehors. L’été n’est pas une date, c’est une sensation.
Le rythme comme héritage
Ce sujet du rythme a une résonance particulière pour nous. Afro-descendantes, nous avons grandi dans des environnements où il fallait prouver, performer, exceller. Être toujours prêtes, impeccables, efficaces. Mais l’entre-deux nous offre une leçon précieuse : ralentir sans s’arrêter. Comme dans les traditions de soins africains, où l’on masse le corps avec des huiles, non pas pour courir, mais pour régénérer. Cette période est un rappel que la douceur est une force, que le temps lent n’est pas un luxe, mais une sagesse. Au fond, ce “in between” saisonnier est plus qu’une affaire de maquillage ou de vestiaire. C’est une métaphore de nos vies. Nous sommes en permanence entre plusieurs états : entre détente et action, entre intimité et représentation, entre la femme solaire et la professionnelle concentrée. Cette période nous invite à apprivoiser le flou, à aimer les marges, à faire confiance aux transitions. Plutôt que de subir, faisons de cet entre-deux une esthétique, une philosophie. Un moment pour avancer, sans renoncer à ce qui nous apaise.Cultiver l’art de l’entre-deux


